Le métier d’intégrateur – L’intégration pure

Le trio HTML CSS JSL’intégrateur web est un métier aujourd’hui encore mal défini au sein des entreprises françaises. Derrière cet intitulé se cache des métiers complètement différents en fonction des entreprises. Cet article s’attache à présenter ce que j’appellerai « l’intégration pure », à savoir les tâches de bases que tout intégrateur web se doit de maîtriser.

La question « Tu fais quoi dans la vie ? » revient souvent en soirée, et je m’amuse à chaque fois à observer le même rituel. Quand je réponds que je suis intégrateur web, j’observe tout le temps le même sentiment d’incompréhension, ce même regard perdu qui sous entend qu’il faut que je précise ma réponse car je viens de parler chinois. Ce à quoi j’enchaîne en expliquant que je m’occupe de toute la partie visible d’un site internet, qu’en comparaison avec une voiture, je ne m’occupe pas du moteur, partie réservée aux développeurs, mais de la forme et des couleurs de la carosserie. Le plus étrange c’est que ce même regard stoïque se remarque souvent chez des personnes bossant dans le web. C’est ce qui me pousse à écrire cet article.

La base du métier d’intégrateur web consiste à transposer dans un navigateur web une maquette. C’est le cœur du métier d’intégrateur et officiellement sa seule tâche ; mais elle implique déjà pas mal de boulot avec le fameux trio HTML/CSS/JS. Chaque langage possède sa propre fonctionnalité :

Coder le HTML

Cette première étape consiste à définir sémantiquement avec l’aide de différents types de balises HTML la maquette que nous avons sous les yeux. Cela permet entre autre de différencier les titres des paragraphes, le header du footer ou du contenu, les images des vidéos, … ; bref de structurer notre document. Cette structure permet donc aux navigateurs d’attribuer le bon rôle à la bonne balise. Les différences sémantiques du HTML se doivent d’être complètement maitrisées par l’intégrateur d’aujourd’hui.
L’erreur la plus fréquente par le passé était de raisonner en terme de design plutôt qu’en terme de sémantique, ce qui a longtemps contribué à construire les sites internet des années 90 en tableau. Le fait qu’à l’époque l’intégration était dévouée au développeur n’a fait qu’amplifier ce phénomène.
Une fois notre document structuré en HTML, il est visible au sein de notre navigateur préféré. Le rendu est très brut, du texte écrit en noir sur un fond blanc. Il faut désormais rendre ça plus sexy, coller graphiquement avec la maquette.

Coder la CSS

Le raisonnement graphique vient au cours d’une seconde étape, et permettra d’avoir visuellement un rendu proche de la maquette. C’est le fichier CSS (dont l’appel doit se faire entre les balises head du code HTML) qui va permettre de placer et de colorier les balises HTML de la page web. Le rôle de la CSS est donc de positionner les éléments dans la page, mais aussi de les designer. Soyons clair dès le départ, notre rendu ne sera pas au pixel près sur tous les navigateurs. Chaque navigateur a ses propres contraintes et limites techniques, et je trouve dommage de ne pas employer des méthodes qui améliorent grandement l’optimisation d’un site ainsi que sa maintenance. Cette douce illusion du pixel près est un fantasme présent chez certaines personnes qui ne comprennent pas pourquoi elles auraient un produit final différent en fonction d’un navigateur. Vous remarquerez aussi que ces personnes ne comprennent en général pas le terme de navigateur, elles préfèrent employer le terme très générique d’Internet à la place. En revanche, même si le rendu est légèrement différent selon le navigateur, aucune information essentielle ne doit être perdue.

Un code CSS propre doit dans l’idéal ne proposer aucun hack propre à un navigateur. Il doit aussi se suffire à lui même. J’entends par là qu’il faut éviter la divite, pratique qui consiste à rajouter des balises div pour faciliter l’intégration du design.
Sachez enfin que le langage CSS est LE langage de l’intégrateur web, car c’est le seul langage où il est le seul maître à bord. Dans le trio HTML/CSS/JS, le référenceur peut imposer une partie du code HTML, et que dans le langage Javascript le développeur peut imposer ses contraintes à l’intégrateur. L’intégrateur web d’aujourd’hui se doit de maîtriser parfaitement le langage CSS ainsi que ses évolutions, qui avec l’apparition de CSS3 sont de plus en plus nombreuses.

Coder les fonctionnalités : le rôle du JS

Le Javascript est un langage de programmation de script. Il permet d’associer des actions à certains événements. Par exemple, sur le clic d’un bouton « Recherche avancée » d’un formulaire de recherche, on pourrait décider de faire apparaître des options jusque là cachées par défaut.
Le fait qu’il s’agisse d’un langage de programmation présente un premier mélange avec le métier de développeur. C’est pourquoi le Javascript est souvent la partie la moins maîtrisée par un intégrateur, qui est plus souvent issue d’école de graphisme plutôt que de formation purement informatique. Mais avec l’avènement des navigateurs modernes, les interactions possibles se sont standardisées et permettent d’imaginer beaucoup de fonctionnalités et d’effets graphiques jusqu’alors mis en berne.
Personnellement je ferai le découpage suivant entre l’intégrateur et le développeur : le développeur s’occupe de livrer à l’intégrateur les données à afficher comme par exemple un tableau de prix ; l’intégrateur doit être à même de coder le JS qui permettra d’afficher le tableau de prix.

Le métier d’intégrateur web se concentre donc autour de trois langages qui sont le cœur de métier. Nous verrons ensemble au cours de prochains articles les autres aspects de ce métier.

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6 commentaires pour Le métier d’intégrateur – L’intégration pure

  1. Intégrateurs = couteaux suisses du web… un peu comme les référenceurs, donc ! ;-)

  2. Pigeat Dominique

    Bonjour et merci pour cet article. J’aimeerai savoir, avant de me lancer plus avant dans l’intégration web, si un integrateur doit maîtriser le graphisme en lui même ou seulement l’intégrer ? (Je ne sais même pas dessiner…)
    Meerci par avance de votre attention.
    Dominique.

  3. Bellami

    Un intégrateur de métier se doit de maîtriser le graphisme. Un junior peut se permettre de ne pas avoir cette corde à son arc, mais il faut qu’il compense autrement (la maîtrise du JS est très demandée, HTML5 le sera bientôt).

    Ne pas savoir dessiner n’est pas un handicap à mon avis, tu apprendras sur le tas et dans 95% du temps les « dessins » à faire sont des têtières, des dégradés…

    Plus généralement, comme je le précise dans l’article, le métier d’intégrateur est flou. Dans une boîte on va te demander d’effectuer une maquette par semaine et de l’intégrer dans la foulée, dans d’autres tu vas avoir des webdesigners dédiés au maquettage et l’intégrateur à l’intégration de la maquette, dans d’autres tu vas avoir un poste d’intégrateur spécialisé dans la conception/amélioration de librairies JS, c’est très variés.

    Charge à toi de te perfectionner là où tu es bon, et d’avoir des bases dans l’utilisation de Photoshop (très demandés dans le métier) même si personnellement je te conseillerai Fireworks.

  4. mat

    Bonjour
    je prévoie de créer un site web, seulement je ne sais pas quelle(s) compétence(s) demander. Il est possible que j’intègre non pas un, mais deux profils et du coup – si j’ai bien compris – un intégrateur + un développeur serait l’idéal (sachant que le web design est assuré par mes soins).
    Qu’en pensez vous? Aujourd’hui j’ai l’impression que beaucoup de recruteurs demandent une personne pour tout faire, souvent pour une question de non connaissance du métier mais aussi de budget.
    Cela dit je travaille actuellement avec une personne qui m’assure la prestation de création et de développement d’un site que j’ai déjà. Il y a donc bien des personnes qui font « tout »?
    Cordialement

  5. Bellami

    Oui, il y a des personnes qui font « tout », à savoir le webdesign, le développement, l’intégration et le référencement. Mais rares sont celles qui font tout bien. Et tout ce qui est rare est très cher…

    Si tu débutes le projet je pense qu’il vaut mieux investir sur 2 juniors de bons niveaux et motivés par le projet que par une seule. C’est à toi de voir quels investissements tu peux te permettre. Tu peux aussi démarrer avec uniquement un développeur junior ; surtout si tu peux assurer la partie intégration. Le prévoit tu ou pas du tout ?

    Si cela rentre dans ton budget, tu peux aussi envisager d’engager un référenceur qui s’occuperait du trio SEO/SEM/SMO.
    Dans cet article, j’ai vraiment ciblé le trio HTML/CSS/JS qui me semble correspondre à 95% du travail quotidien d’un intégrateur.

    Toi qui fait le webdesign, ne peux-tu pas prendre en charge son intégration, et du coup travailler avec un développeur de métier ?

  6. Cet article synthétise très bien les choses sur ce que sont effectivement les trois langages principaux de l’intégrateur web, mais il faudrait aussi penser à parler des différentes normes et aussi des frameworks qui ont un rôle important dans l’intégration web.

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